rien qu'une barmaid
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Projet photographique · Montréal

Rien qu'une barmaid

Le carnet du réalisateur

Le livre est écrit. Voici sa deuxième vie : un carnet d'images, et une invitation à celles et ceux qui voudront lui donner un visage.

Chapitre I

Le livre

Je ne suis pas écrivain. J'ai passé plus de vingt ans dans les arts visuels, sous toutes leurs formes, et je pense en images avant de penser en mots. Au départ, ce livre n'était qu'un exercice de dialogue ; c'est pour ça qu'il tient autant du théâtre et du scénario que du roman. Mais en l'écrivant, je ne rédigeais pas vraiment : je regardais un film se dérouler dans ma tête. Les visages, la lumière, les silences. Tout était déjà là.

C'est de là que vient ce projet. Un roman vous laisse imaginer ce que vous voulez, et c'est sa beauté. Mais le visuel en moi a envie de partager ce que, moi, j'ai vu. Pas de l'imposer. Juste de le montrer.

L'histoire se passe à Montréal, à la fin des années 90, et ce choix n'a rien d'innocent. C'était une époque où l'on sortait sans savoir si nos amis seraient là, où l'on pouvait passer une soirée avec quelqu'un sans tout connaître de sa vie. Une histoire comme celle-ci serait impossible aujourd'hui. Je ne dis pas que c'était mieux. C'était différent. Et c'est ce Montréal, celui où j'ai grandi, que ces images cherchent à faire revivre.

Chapitre II

L'histoire

Montréal, décembre 1999. Quatre heures du matin, au parc Lafontaine. Frédéric, quarante-quatre ans, est assis devant un étang gelé. C'est elle qui arrive en courant.

Annabelle, vingt-trois ans, sort de son shift aux Foufounes. Elle traverse le parc pour semer un client trop insistant, tombe sur cet inconnu, s'assoit contre lui et lui souffle : fais comme si on se connaissait.

Le client passe son chemin. Annabelle, elle, reste. Ce qui devait durer trente secondes dure jusqu'au lever du jour. Avant de se quitter, ils se donnent rendez-vous le jeudi suivant. Même heure, même banc.

À quelques jours de l'an 2000, ils décident de jouer la carte de la folie : s'enfermer dix jours ensemble, le temps d'un couple en accéléré, pour voir ce que ça donne quand on saute les étapes et qu'on va droit au cœur. Une histoire d'amour québécoise écrite à hauteur de comptoir. Drôle, charnelle, irrévérencieuse. Sur la grâce des rencontres absurdes, et sur tout ce qu'il faut d'audace pour se laisser aimer.

Je suis Frédéric. Mais comme une amie me l'a fait remarquer, je suis aussi Annabelle, et Marie-Aude. Il y a un peu de moi dans chacun d'eux.

Chapitre III

Le carnet

Le livre a toujours voulu être plus qu'un livre. Le carnet, c'est sa version director's cut : chaque chanson, chaque film, chaque lieu, chaque clin d'oeil caché, expliqué chapitre par chapitre. Une bande sonore à écouter en lisant, et tout ce qui se cache derrière les références.

On le lit après le livre, jamais avant. Il ne raconte pas l'histoire, il l'éclaire. Une seconde lecture où l'on voit enfin ce qui était là depuis le début.

C'est aussi une carte d'un Montréal qui s'efface : le parc, les bars, les rues qui ont vraiment existé, et qui existent de moins en moins.

La plupart des images se feront à l'intérieur, dans un vrai appartement du Plateau comme il y en avait partout : plafonds hauts, moulures, planchers de bois, vitraux, fenêtres qui laissent entrer l'hiver, la chaleur sèche d'un vieux radiateur en fonte. C'est l'appartement où l'histoire se passe, resté exactement comme ça, et j'en suis le dernier locataire, celui qui refuse de partir. C'était une ville où l'on pouvait vivre jeune, pas seulement survivre. Il en reste de moins en moins, et ces images, c'est aussi pour en garder une trace.

Le carnet n'est pas en vente. Il accompagne le livre, en cadeau, pour qui se le procure directement auprès de moi.

Chapitre IV

Les séances

Pas de poses. Pas de flashs. Pas de nudité. Je viens du cinéma : je monte une scène, je m'occupe de la lumière et de la technique, et toi, tu n'as qu'à jouer, qu'à habiter le moment. On construit chaque image ensemble. Comment, concrètement ? J'y reviens plus bas.

Chapitre V

L'ambiance

Le ton, la couleur, le sentiment recherché.

Pourquoi des images générées par IA plutôt que les miennes ? C'est voulu. J'ai des centaines de photos qui ressemblent à celles-ci, mais je ne voulais pas que mon travail passé, ni les photographes que j'admire, dictent ce projet. Je voulais entrer presque à vide, sans influence. Le reste se révélera en chemin, une fois les séances commencées.

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Et si vous regardez bien le carnet, vous verrez que je n'ai fixé aucun visage. Mes deux personnages n'en ont pas un seul. Ils sont un mélange de gens croisés au fil de ma vie. Une émotion, pas un trait physique. Alors blonde, brune, peu importe : la couleur des cheveux, la taille, une frange, ce sont des détails. Quand on se rencontrera, je saurai tout de suite à quelle époque vous appartenez, et si c'est aux deux, tant mieux. Ce projet est vivant ; je ne veux pas l'enfermer d'avance.

Chapitre VI

La musique

La musique porte le livre. Voici la bande sonore qui a accompagné son écriture. Elle s'allonge encore, au fil des chapitres.

Chapitre VII

Ce que ça implique

C'est un projet autoédité, personnel, non commercial, et je préfère être clair d'avance. Ce que ça te demande tient en peu de choses : une rencontre pour faire connaissance, puis quelques heures pour la séance. C'est à peu près tout.

Côté argent, il n'y en a pas pour l'instant. C'est du temps contre images : tu repars avec tes photos, et tu en fais ce que tu veux, pour toi, tes réseaux, ton portfolio, tout ce qui n'est pas commercial.

Tout le monde qui participe est nommé dans le projet. Personne ne disparaît dans l'ombre.

Et si le livre finit par rapporter, je tiens à ce que ceux qui l'ont rendu possible soient payés. Le peu qu'il y aura sera partagé selon la place de l'image : une couverture, ce n'est pas la même chose qu'une photo du carnet. C'est une promesse, pas une petite ligne cachée.

Une condition non négociable : il faut avoir 18 ans ou plus pour participer.

Et tu dois savoir dans quoi tu mets les pieds. Le livre raconte un couple, et il a ses passages plus chauds. Ce n'est pas de l'érotisme pur, mais il y a du sexe, et il est décrit. Le couple touche un peu au BDSM, sans que ce soit le sujet : une dynamique présente par moments, pas le coeur du livre. Rien de tout ça ne se retrouve dans les images, mais je préfère que ce soit clair d'avance.

Dernière chose, et j'y tiens : si on prend rendez-vous, tu te présentes. Je prépare tout, je monte le décor, je règle les lumières, je réserve un bloc de mon temps. Je respecte le tien, j'attends la même chose en retour. Une absence sans nouvelles, et il n'y a pas de deuxième chance.

Chapitre VIII

Comment je travaille

Je viens du cinéma, et c'est exactement comme ça que je travaille. Je ne te demande pas de poser. Je monte une scène, comme sur un plateau, et tu joues. Tout est pensé pour que tu n'aies qu'à habiter le moment.

La moitié de l'appartement, c'est mon studio. J'y bâtis un vrai décor : la chambre, avec sa fausse fenêtre, sa fausse porte, sa lumière contrôlée. Le même décor sert aux deux époques. Le salon est recréé au même endroit, habillé autrement. La cuisine, le balcon et le reste, ce sont les vraies pièces, à peine retouchées.

La lumière, c'est de l'éclairage de cinéma, en continu, jamais de flash. De grosses sources qui imitent le soleil qui entre par une fenêtre ou une porte, qu'on fait rebondir dans la pièce. Une fois que c'est posé, je n'y pense plus. Je peux me concentrer sur toi.

Dehors, c'est presque toujours la lumière du jour, telle quelle. Je ne cherche pas le spot parfait : les images sont partout, faut juste regarder. Le fond parfait, le détail qui fait beau sur Instagram, je m'en câlisse. Ce qui m'intéresse, c'est ce qui passe dans tes yeux.

C'est ça, au fond. Je cours après l'émotion qui sort de l'image, pas après la pose. Le reste, c'est de la magie de plateau, et c'est mon job, pas le tien. (Cela dit, j'adore en parler : c'est ma passion. La moindre question sur le comment, le pourquoi, le quand, le où, n'importe quoi, ça me fera toujours plaisir d'y répondre.)

Une chose avant tout : si quelque chose te met mal à l'aise, avant ou pendant, on arrête. On passe à autre chose, et on en parle ouvertement. Je ne pousse aucun agenda. Je ne suis pas le genre de photographe qui brûle tous les arrêts pour aller chercher l'image qu'il a en tête.

Je travaille avec la plus petite équipe possible : moi, mon appareil, toi, peut-être un assistant. Pas de maquilleuse, pas de styliste, pas de décorateur. Le look reste naturel. J'ai déjà des vêtements et plein d'accessoires d'époque ; tu apportes les tiens. Rien de compliqué, pas de costumes alambiqués. Et si ça t'aide à être à l'aise, viens accompagné. C'est encouragé, surtout si tu n'es pas modèle de métier.

C'est l'histoire d'un couple, mais vue à travers les yeux du personnage masculin. Donc pas de duo modèle homme et femme : chacun pose seul. Et il n'y a pas de nudité.

Après la séance, tu reçois toutes les bonnes photos, tout ce qui n'est pas flou ou hors cadre, sous forme de planche-contact. Tu en choisis quelques-unes pour toi, et je te les retouche, même si je ne les garde pas pour le projet. Je vois la relation entre le photographe et le modèle comme un travail d'équipe, pas une dictature : tes idées sont les bienvenues, une suggestion mène parfois à la plus belle image.

Mon regard

Avant toute chose, savoir à qui vous avez affaire. Un petit échantillon, choisi pour coller à l'esprit de ce projet. J'ai bien d'autres choses, en mode et en commercial. Le reste vit sur Instagram.

Chapitre IX

Réserver une rencontre

La première rencontre, c'est un café, juste à côté de chez moi. Quinze minutes, pas plus. Ça peut même être le jour de la séance.

J'aime rencontrer les gens en dehors d'un cadre professionnel. C'est plus simple de se connaître sans la pression d'un appareil photo et des lumières, tout le monde sur le même pied. Le café, c'est moi qui l'offre. Rien de chic, par contre. :)

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Chapitre XI

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